Si certaines photos ne s’affichent pas, vous pouvez vous diriger vers mon autre site internet, traitant du même sujet :

http://groups.msn.com/LeBurkinaFasoNoma/

 

Loin de moi l’idée d’avoir voulu faire de cette page un étalage voyeur de la détresse inhumaine qu’endurent ces petits enfants, adolescents et adultes. J’ai d’ailleurs “préservé” votre sensibilité en laissant certaines photos en noir et blanc.

Mais notre passivité devant ces clichés doivent porter à nous faire réfléchir mais surtout, à agir : ne nous voilons plus la face et osons regarder la vérité en face : il faut les aider !

Avant d’avoir cette lueur d’espoir dans leurs grands yeux superbes, cet éclair de bonheur insousciant qui n’appartient qu’aux petits enfants, Bakaye et Fatimata ainsi que beaucoup d’autres encore ont connu la souffrance, la honte, la peur, le désespoir …

La maladie du Noma évolue insidieusement et fait rapidement d’énormes ravages.

Amadou a 9 ans :

Il n’a reçu aucune vaccination et a fait une méningite cérébro-spinale à l’âge d’un an, entrainant des séquelles neurologiques aboutissant à une surdité. Depuis sa méningite, il n’a rien présenté de particulier. Environ 20 jours avant son admission à l’hôpital de Dori, Amadou a 5 ans et présente une forte fièvre et des convulsions suivies d’un œdème de la joue gauche traité traditionnellement sans succès. La fièvre et l’œdème auraient persistés environ vingt jours malgré le traitement traditionnel. Ses parents espéraient une guérison, - raison pour laquelle ils ne se sont pas rendu à l’hôpital -. Selon sa mère (restée seule au domicile avec ses 4 enfants, car le père travaille très loin) ,l’évolution de l’œdème s’est fait vers l’abcès et la nécrose … laissant les dents à découvert. Devant cette évolution dramatique, la mère décide alors de consulter l’hôpital de Dori ou il reçoit un traitement antibiotique et des soins locaux, puis l’enfant est confié à l’équipe du Docteur Zala pour une prise en charge plus adaptée.Son examen montre une importante perte de substance au niveau de la joue gauche laissant une plaie suppurante. L’enfant est mis sous traitement antibiotique. Des soins locaux sont effectués tous les deux jours et il est conseillé aux parents une alimentation appropriée (liquide ou semi-liquide). Sous traitement, l’évolution est favorable… Amadou a repris du poids et s’amuse à nouveau mais reste handicapé par sa surdité.Un transfert à l’étranger est probable si une chirurgie réparatrice est impossible au plan local.

La chirurgie réparatrice peut encore redonner visage humain à ces malheureux.

Tel est le cas de Mignier

Mignier
Avant ses traitements

Mignier
Après sa chirurgie
Tel est également le cas de Daouda

Daouda
Avant ses traitements
La maladie de Daouda a commencé à l’âge de 18 mois par une gingivite. Il est traité par ses parents au bleu de méthylène.Sans précisions exactes du délai, ses symptomes évoluent vers un état fébrile. Ses parents se rendent compte que l’haleine de Daouda est fétide et son père regarde dans sa bouche et constate des taches noirâtres sur la gencive supérieure. Cette atteinte va évoluer très rapidement ( une semaine,et c’est la nécrose). L’équipe du Docteur Zala reçoit ses parents mais avoue son incapacité à prendre l’enfant en charge correctement vu son état. Néanmoins, et sous le traitement administré, les lésions vont se stabiliser au prix de lourdes séquelles. Daouda va grandir avec ces séquelles en supportant les moqueries de ses camarades du village. Il devient timide et parfois coléreux et n’hésite pas à menacer les plus faibles qui tentent de se moquer de lui. Daouda a actuellement 23 ans et n’a pratiquement pas d’amis en dehors de sa famille, n’est pas scolarisé mais c’est un grand travailleur. Le Docteur Zala l’a revu en consultation : sur le plan fonctionnel et malgré l’absence de certaines dents, il peut s’alimenter correctement. Daouda a des séquelles graves de Noma et des troubles psychologiques : une chirurgie réparatrice à l’étranger est nécessaire pour lui.

Daouda
Après sa chirurgie
Rappelez-vous du joli petit Boukari dans la page précédente … Voici dans quel état l’équipe du Docteur Zala l’a “dépisté”

Ce jeune homme en plein traitement douloureux attends le résultat du miracle de la médecine.

[Image Françoise Morel]
Il faut savoir que le visage d’un très jeune enfant n’est pas encore déterminé et que son image d’adulte se transforme de jour en jour, au fil des années, comme tout autre personne.

Ces enfants, lorsqu’ils subissent de la chirurgie réparatrice se prêtent de très nombreuses opérations, très lourdes qui suivent justement l’évolution de leur visage final.

Mais c’est pourquoi certains d’entres eux continuent de se “replier” car ils ne se reconnaissent pas eux-mêmes …

Je sais que ces photos sont bouleversantes, et pourtant, c’est la triste réalité …